Mot du maire
Edito publié dans le bulletin municipal de juin 2026
Faisons de la santé mentale une priorité
Le 10 avril dernier, au lycée Joubert-Maillard, un élève en détresse psychologique a donné des coups de couteau à l’une de ses camarades. Heureusement, les jours de la jeune fille n’ont pas été mis en danger. Néanmoins, cet épisode aurait pu être plus tragique. Quelques semaines plus tôt, la mère du jeune agresseur avait alerté médecins et psychologues recherchant désespérément une aide pour son fils, et un établissement qui pourrait le suivre et lui fournir l’écoute attentive et professionnelle dont il avait besoin.
Partout dans notre pays, d’autres parents sont démunis face à la détresse de leurs enfants ou adolescents. Les délais de soins en santé mentale sont bien trop longs. Pourtant, au début du quinquennat, la santé mentale a été consacrée « grande cause nationale ». Aujourd’hui, qu’en est-il ? Les troubles psychiques constituent la première cause de morbidité et de handicap chez les jeunes âgés de 15 à 25 ans. Cette tranche d’âge est particulièrement vulnérable : entre 63 et 75 % des troubles psychiatriques apparaissent avant 25 ans.
Les hospitalisations pour tentative de suicide ont augmenté de 16,6 %. Depuis des mois, les professionnels de santé alertent sur cette situation potentiellement explosive. Nous avons la chance d’avoir sur notre commune le Centre Médico-Psychologique EPSYLAN. Il s’inscrit dans un réseau de professionnels étendu à tout le département. 17 professionnels accueillent plus de 1000 patients par an. Mais ce n’est pas suffisant au regard des besoins toujours croissants.
Il est temps que la santé mentale soit réellement traitée comme une priorité, que le gouvernement décrète un plan d’urgence afin que nous, les élus locaux, puissions constituer et compter sur des réseaux d’acteurs solides sur nos territoires, notamment pour nos jeunes.
Le 5 mai dernier, j’ai tenu à rencontrer les acteurs et actrices de l’éducation de la commune autour de la santé mentale des jeunes : représentants des établissements scolaires, structures spécialisées, Maison des Adolescents, hôpital, professionnels de santé, ville, l’espace départemental des solidarités et la COMPA.
Les pistes d’actions issues de cette rencontre seront abordées dans différentes commissions municipales. Lors du Conseil municipal du 29 juin, je proposerai l’adoption d’un voeu de soutien à la proposition de loi
transpartisane portant des mesures d’urgence pour améliorer la santé mentale des Français. Dans les prochains jours, j’adresserai un courrier d’interpellation aux ministres de l’éducation et de la santé ainsi qu’aux parlementaires.
Maire d’Ancenis-Saint-Géréon
Vice-président du département de Loire-Atlantique
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